dimanche 28 juin 2015

Le mystère de l'égalité des sexes enfin résolu

... ou : la vulgarité crasse du football est-elle ontologique ?

(NB : ce sous-titre étant là pour donner une caution intellectuelle à un billet sur le foot)

Dire qu'on a nous a vendu du rêve à l'occasion de cette coupe du monde féminine de ballon rond serait en-dessous de la vérité. Non seulement l'équipe de France était bien partie pour gagner le trophée, mais en plus ces femmes pratiquaient un football rafraîchissant, imprégnée de technique et de vivacité, motivé par l'envie de jouer, d'aller de l'avant et de marquer des buts.

Loin de la corruption, de la laideur, de la tricherie et de la connerie du football masculin, pour résumer. Pour ne pas dire la preuve par le sport de la suprématie féminine.

Ne pouvant résister à l'appel glorieux de ses divines valkyries du ballon rond, nous avons visionné le quart de finale opposant l'équipe de France à celle d'Allemagne, nimbée de l'aura mystique de toutes ces désillusions épiques du foot français, du Séville antique et mythologique de 1982 à la récente déception brésilienne de 2014.

Effectivement, le résultat fut sans appel. Une révélation quasi cosmique.

D'un point de vue sportif et pour l'anecdote, la France a réussi une nouvelle fois a perdre une rencontre qu'elle a dominé dans presque tous les secteurs du jeu (sauf le bourrinage intensif, spécialité teutonne inoxydable). 

Nos bleues ont donc bien été à la hauteur de leurs glorieux prédécesseurs à phallus : absolument dénuées d'esprit de compétition. A croire que le fameux "l'important c'est de participer" dont on gave nos chères têtes blondes dès l'école primaire n'est pas le slogan le plus adapté pour fabriquer des champions ou des championnes...

La preuve par l'image :

Il reste quelques poignées de secondes à jouer dans la seconde mi-temps des prolongations après un long match au couteau. Les allemandes sont cuites physiquement et un but à cet instant est synonyme de qualification presque assurée. Gaëtane Thinay reçoit alors un ballon à l'intérieur des six mètres, seule face au but. Les allemandes trop fatiguées ont raté leur alignement de hors jeu et la laissent absolument seule face à une cage vide, sans aucune jambe ou bras qui traîne pour perturber sa reprise. La gardienne de but allemande qui revient en courant du premier poteau est battue d'avance. Croyez-le ou non, mais la troyenne a manqué la cage alors qu'il lui suffisait de mettre son pied en opposition sans rien viser (le supporter de base n'en est plus à demander un joli but à cette heure tardive, il a juste envie d'aller se coucher en se félicitant d'avoir rousté les boches, une fois n'est pas coutume).

Comme d'habitude, les français vont ensuite pleurer à chaudes larmes sur les vilains allemands "qui gagnent tout le temps sans le mériter", sur l'arbitre et sur je ne sais quel autre prétexte. La vérité est pourtant éblouissante de cruauté : quand on joue un quart de finale d'une compétition internationale qui ne se déroule que tous les quatre ans, on ne peut prétendre à quoi que ce soit si on rate une opportunité pareille. Inutile de jeter la pierre à Thinay ou aux "bleues" : c'est un mal récurrent du sport français en général, bien connu de tous leurs adversaires.

Bon, côté tricherie, on se dit que c'est vrai que les femmes n'ont rien à voir avec les hommes.

Oups ! Il reste moins de trois minutes à jouer dans le temps réglementaire quand Claire Lavogez, pourtant fraîche puisque récemment entrée en jeu, doit négocier une balle dans la surface. Là encore, un but peut sceller le sort du match. Plutôt que de tenter une action, de nous éblouir de "son envie de jouer, d'aller de l'avant et de marquer des buts", notre attaquante tricolore effectue un superbe planté du pied droit, suivi d'un plongé déhanché du plus bel effet. Certes, c'est joli, mais ça ne sert à rien, si ce n'est passer pour une tricheuse (ratée) tentant d'obtenir un penalty illégitime, et de rejoindre la fameux club  de plongeon en piscine virtuelle présidé par la danseuse Ronaldo. Les Dieux cruels du foot se sont vengés : c'est Lavogez qui a raté son tir au but final et envoyé l'Allemagne en demie-finale. Bien fait.

Que les féministes se rassurent : oui les femmes sont bien l'égale des hommes dans la simulation mesquine et la petitesse d'esprit qui consiste à célébrer ensuite à grands cris et sans aucun scrupules une victoire acquise en trichant.

Heureusement, il nous reste la fuide beauté féminine de ces amazones d'un football régénéré.
 


Ah, oui. En effet.

Les féministes peuvent sabrer le champagne. Déjà qu'on doit supporter sans se moquer cette mode hideuse et grotesque du tatouage intégral (venu, rappelons-le, du monde carcéral américain, avant de contaminer la NFL et la NBA, ce qui en dit long sur les valeurs désormais prônées par les sportifs de haut niveau...). Quand une starlette millionnaire efféminée comme Neymar essaie de se la jouer bad boy biker, on hausse les épaules devant un tel étalage de connerie puérile, mais alors là, on a juste envie de pleurer.

Oui, mesdames les féministes, une femme a le droit aussi de vouloir se la jouer bad girl comme Neymarina en se couvrant de tatouages hideux. Oui, les femmes ont enfin acquis leur droit à la puérilité machiste.

A quand celle qui pisse le plus loin ?
 
Vive le foot.








samedi 27 juin 2015

Thierry Marignac / Frédéric Taddeï - Fasciste





Retrouvez l'intervention de Thierry Marignac dans l'émission Europe 1 Social Club du vendredi 26 juin 2015, animée par Frédéric Taddeï (en cliquant sur le petit lecteur intégré ci-dessous) :

mardi 2 juin 2015

FASCISTE - Thierry MARIGNAC


Les éditions ActuSF (ici) ont eu la très bonne idée de rééditer le premier roman de Thierry Marignac (), désormais de nouveau disponible un peu partout à partir du 4 juin.

Mais pourquoi est-ce une bonne idée ?

1.    Parce que c’est un bon roman (oui, je sais, c’est un critère un peu réactionnaire).

2.    Parce que, benêt que vous êtes, vous aviez oublié de le lire dans une de ses précédentes éditions.
 
3.    Parce que c’est l’occasion de doter enfin ce livre culte d’une couverture digne de son titre, les deux précédentes tentatives graphiques, ici et , ayant été de concert avec les dix dernières performances vocales française à l’Eurovision.
 
4.    Parce que cette réédition fera chier les vieux cons et les staliniens, plaisir dont l'honnête homme ne saurait se priver.
 
5.    Parce que Marignac est le seul auteur punk du milieu du polar hexagonal, contrairement à toutes les têtes pleines d’eau qui essaient de nous faire croire qu’ils ont écrit leur livre médiocre pour  sauver le monde, alors qu'il est notoire qu'ils tentent juste de remédier à leur misère sexuelle en tentant leur coup auprès de profs vieillissantes et de bibliothécaires esseulées tout en picolant gratos du mauvais vin d'alsace au « Festival du Noir de Halzeim-sur-Stöeffel».*
* Au nom trompeur puisqu'il n’a en fait rien à voir avec une concentration néo-nazie où l’on maltraite des antillais.
 
6.    Parce que les autres tentatives notoires d’évoquer l’extrême-droite française par le roman noir, que ce soit Manchette en 72 (ici) ou Leroy en 2011 () n’arrivent pas à la cheville de ce « Fasciste » dont le principal défaut fut d’être un roman intelligent sur l’engagement dans la droite radicale, d’un niveau d’écriture sans comparaison.
No time for the useless, choose the best, comme dirait Ronald Reagan.
 
7.    Parce qu’une soirée de lecture en compagnie de Thierry Marignac et d'une bière belge, ça vaut bien mieux qu’un 122e épisode des "Experts à Alcatraz" ou une rencontre truquée de pousse ballon entre proxénètes analphabètes à la solde des pétromonarchies du Golfe visionnée en sirotant de la pisse d'âne gazéifiée.
 
8.    Parce que 4 ou  5 heures de plaisir à 8.00 euros, même Josy-la-Goulue du square d'à côté ne pourra pas s'aligner sur ce tarif très contenu, et pour lequel on ne peut que féliciter les éditions Actu SF.
 
9.    Parce qu'Edouard Limonov nous dit que ce roman "est déjà rentré dans l'Histoire", et que vous ne voudriez quand même pas passer pour LE looser qui ne l'a pas lu, si ?
 
10.    Et enfin parce qu'avec ce noir joyau vous pourrez passer pour un type subversif ou une nana dangereuse auprès de votre joli(e) libraire en présentant fièrement votre achat en caisse ! Chargé(e) de cette nouvelle aura sexuelle sulfureuse, vous provoquerez immanquablement une lueur de fascination effrayée dans son œil rendu morne par le défilé quotidien des livres nullissimes et consensuels qui saturent ses rayons, vous permettant alors d’en profiter pour lui soutirer un 06 riche en promesses de nuits torrides à grands renforts de « vas-y mon fafounet, sors ta grosse batte ». Votre nouvelle vie sexuelle trépidante vous fera remercier, non pas Jackie et Michel, mais Thierry Marignac.

Si ces dix (excellentes) raisons ne vous ont pas convaincu, je crains qu'il ne faille envisager de façon sérieuse la possibilité toujours douloureuse que vous soyiez peut-être un crétin. Certes, c'est dur, mais dîtes-vous que Michel Onfray a fait de vous un égal de Manuel Valls. Comme la probabilité que vous soyiez aussi un électeur socialiste est très élevée, la boucle serait alors bouclée, nous laissant songeurs et admiratifs sur l'équilibre ainsi retrouvé des forces cosmiques.


lundi 20 avril 2015

J. Burnside : l'Eté des noyés - S. Chevalier : Clouer l'Ouest - Istin, Jigourel et Lamontagne : Les Druides, l'intégrale

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Chroniques parues dans le n°154 de la revue éléments :

www.revue-elements.com

mercredi 4 février 2015

"Charlie", ou l’oraison funèbre d’une nation agonisante

On ne compte plus les observateurs qui se sont réjouis des nombreuses manifestations populaires spontanées ayant fait suite aux attentats terroristes de la seconde semaine de janvier. « Sursaut démocratique », « électrochoc républicain », les formules chocs furent presque aussi nombreuses que les nouveaux lecteurs d’un journal satyrique que plus personne ne lisait mais que tous sont désormais prêts à défendre becs et ongles. Pourtant, le mouvement « Charlie » n’a rien d’un renouveau de la nation, et ce qu’il annonce n’a rien non plus de réjouissant.


En effet, si les émeutes de novembre 2005, objets d’une amnésie collective irresponsable et funeste, constituèrent les derniers feux d’alarme d’une France exposée au péril d’une fissuration irrémédiable, les mobilisations émotionnelles de masse auxquelles nous venons d’assister attestent de l’état névrotique dépassé de notre pays. La France souffre d’une psychose collective morbide provoquée par la contradiction fondamentale entre son héritage révolutionnaire constitutif de sa culture populaire la plus essentielle et les impératifs de la mondialisation telle qu’elle est imposée aux français depuis trente ans par leurs propres « élites ». L’incapacité des français à résoudre cette contradiction fondamentale est flagrante et présage que le pire est à venir, l’autodestruction étant une solution malheureusement trop fréquemment constatée à l’occasion de ce type de névrose, à l’image de ces homosexuels qui finissent par opter pour le suicide, non suites aux pressions ou aux violences de l’entourage, mais parce que fondamentalement inaptes à résoudre la contradiction entre une nature constatée, subie et un système de valeurs établi de façon plus précoce où l’homosexualité a été conceptualisée comme « déviante » ou « perverse ».


Le mythe français des relations sociales est basé sur un égalitarisme aux forts accents totalitaires. Au-dessus de la ligne républicaine, aucune tête ne doit dépasser. Ce mythe n’est pas anodin, il fut forgé dans le sang de dizaines de milliers de guillotinés et inculqué depuis à toutes les générations de petits français jusqu’à nos jours. Le sang qui fut versé et dans lequel ce mythe a été forgé lui donne une dimension sacrée dans l'imaginaire collectif de notre pays. Les français acceptent plus ou moins que la liberté soit à géométrie variable en fonction du portefeuille ou des opinions politiques et que la fraternité soit surtout un vœu pieux, un reliquat de vieille morale cléricale, mais on ne saurait toucher ni transiger avec l’Egalité, valeur totémique et Tabou dans la société. 
 

Le problème, c’est que cette égalité mythique et archétypale baignant l’inconscient collectif français a enfanté un moule social assimilationniste où l’individu et ses nombreuses particularités doit se fondre tout entier dans le modèle jacobin du « citoyen », où la laïcité est perçue comme une exigence de secret absolu et obligatoire sur toutes les convictions intimes. Or ce modèle n’est pas compatible avec l'imaginaire collectif du modèle économique ultralibéral qui s’est développé depuis trente ans sous le terme « mondialisation ». Cette mondialisation implique comme condition sine qua none à la mise en place d’un marché de libre-échange dérégulé la destruction de tout mythe collectif non basé sur les rapports marchands, au profit de l’expression de tous les désirs infantiles égoïstes de chaque individu, formant ainsi ce qu’on nomme la « demande », à laquelle le marché va répondre par une « offre ». 
 

Dans le système ultralibéral anglo-saxon, les rapports sociaux sont des contrats commerciaux, chaque partie ayant des obligations respectives au bon déroulement du « deal ». L’individu prôné par ce modèle sociétal n’est pas le « citoyen », mais le « consommateur ». Promu par l’hyper-classe mondialisée qui ne cesse d’augmenter ses profits grâce à ce modèle économique basée sur la guerre aux plus faibles et la déportation massive des classes laborieuses, l’Homme nouveau souhaité par le village marchand global est un être sans passé, sans racines, sans patrie, sans famille, sans genre, débarrassé de tout mythe collectif pouvant parasiter sa seule et unique fonction souhaitée : l’acte d’achat compulsif, soigneusement mis en scène par l’angoisse générée par le système de contrôle social des médias et des nouvelles technologies. Uniquement penché sur ses désirs égoïstes, plongé dans une immaturité affective et sociale prolongée, à l’écoute de ses petites particularités qu’il croit unique – alors qu’elles se répètent à l’infini dans l’univers narcissique tissé autour de lui par le Marché – le robot acheteur devient le cœur de cible idéal pour les ingénieurs marketing dont la fonction principal est de renouveler sans cesses les lubies consuméristes qui le dominent entièrement et lui font dépenser la moitié de son salaire dans des vêtements médiocres fabriqués par des enfants en Asie, ou des gadgets technologiques dénués de toute fonction, si ce n'est développer de nouvelles manies égoïstes et mercantiles.


Les êtres humains sont grégaires et l’idéal du nouveau bourgeois acculturé, nomade chic et connecté du loft de centre-ville n'étant de toutes façon pas à la portée des bourses des classes populaires, on assiste donc à un phénomène de regroupement ethnique et religieux au fur et à mesure qu’on s’éloigne des centres-villes de toutes les grandes villes du monde, ces nouveaux fiefs de l’hyper-classe 2.0 bâtis à grands renforts de spéculation immobilière. Les français de souche se réfugient dans les zones pavillonnaires périphériques qui métastasent toutes les communes à portée de carburant des zones d'emploi, emplis de la nostalgie du village de leur enfance tandis que les musulmans veulent vivre comme « au bon vieux temps du bled » avec les éléments symboliques associés : la mosquée (la sphère religieuse), les femmes voilées (la sphère des relations sociales), l’école coranique (la sphère de l’éducation et de la transmission du modèle culturel).


Ces regroupements sont tolérés parce que leur dimension culturelle n’est qu’un ersatz pathétique, bâti autour de souvenirs fantasmés du bled ou de l'école communale, et qu’ils permettent d’ouvrir de nouveaux marchés (le business du halal, du casher, du terroir, etc) et que les différentes communautés sont contrôlées par leur mise en concurrence dans leur relation commerciale avec l’Etat (les quotas ethniques dans l’administration) ou avec les collectivités territoriales (les subventions aux associations folkloriques ou culturelles).


En France, on fustige régulièrement le communautarisme mais peu de gens ont compris qu’il est consubstantiel au libéralisme. Nous nous retrouvons ainsi dans une situation inextricable et suicidaire : d’un côté tous nos dirigeants sont favorables au libéralisme anglo-saxon et nous expliquent que nous n’avons pas le choix (c'est la mondialisation ou la mort), de l’autre on cherche à maintenir un modèle assimilationniste républicain typiquement français qui est contraire à la vision du monde imposée et requise par la mondialisation. D’où l’incompréhension grandissante entre de plus en plus de pays étrangers et les français au sujet de la « laïcité » et des blasphèmes religieux que cette forme d'égalitarisme totalitaire est censée autoriser (alors que cela relève plutôt de la « liberté d'expression », définie aux USA par l'un des premiers amendements de la constitution américaine). 
 

Face à cette contradiction interne fondamentale et morbide, il y a peu d'alternatives. Soit la France assume sa nature profonde et fait son coming-out en proclamant à la face du monde qu’elle est hostile à la mondialisation et au déracinement culturel qu’elle implique, entraînant dans son sillage d'autre réfractaires potentiels, soit elle accepte d’abandonner son moule citoyen et son héritage assimilationniste séculaire en s’ouvrant au communautarisme et au consumérisme réglant les moindres aspects du pacte social.


Le premier point est impossible sans soulèvement populaire et destitution forcée du gouvernement. Notre classe politique est inféodée à la mondialisation, à son modèle de nomade futuriste et aux groupes financiers qui la soutiennent depuis plusieurs décennies. Le second point est favorisé par nos élites depuis une dizaine d’années mais le mouvement « Charlie » vient de démontrer à quel point le peuple français, lui, est viscéralement attaché à son égalitarisme mythique et imaginaire, tête de pont de valeurs révolutionnaires figées dans le sang de diverses insurrections populaires. Il y a un lien entre les français et la laïcité qui relève du romantisme, de l’idéalisme pur, de l’irrationnel, qu’il sera très difficile de briser sans graves mouvements de résistance.


C’est là où il est très dangereux de créer - de toutes pièces – un lien de causalité ou d’exclusion entre la laïcité et l’Islam de France, dans un contexte d’attachement irrationnel du peuple français de souche à des valeurs fondamentales fallacieusement présentées comme incompatibles avec l’Islam. La laïcité française est autant compatible avec l’islam qu’avec le bouddhisme ou le judaïsme. Un imam en djellaba n'est pas moins français qu'un prêtre catholique en soutane. Les musulmans français ne sont pas des ennemis de la laïcité, ils sont juste incompatibles avec l'idée romantique et idéale construite autour de celle-ci par des générations de français formatés à l'idéal jacobin qui ne conçoit pas qu'on vive sa religion au grand jour dans tous les aspects de sa vie sociale. Nous assistons depuis quelques années à une dérive particulièrement inquiétante de couverture médiatique de la position d’un parti comme le Front National, qui n’a jamais été aussi populaire dans les médias français depuis qu’il a glissé d’un discours anti-judaïque sous l’ère Jean-Marie Le Pen  à un discours anti-musulman sous l’ère Marine Le Pen.


Si les Mérah ou les Kouachi sont bien des musulmans, ce n'est pas ce qui les définit et explique leurs actes, motivés avant tout par leur rejet hyper-violent et nihiliste de la crapulerie vulgaire de la mondialisation. L’islamisme n’est qu’un symptôme d’un phénomène plus vaste, qui est celui de l'annihilation de tout récit collectif imaginaire face au rouleau compresseur du néant de la société marchande. Le wahhabisme et le salafisme sont les rejetons de la guerre culturelle et du déracinement massif résultant de l'expansion du turbo-capitalisme à travers le monde musulman. Déracinement physique pour des millions d’immigrés et déracinement culturel pour ces mêmes immigrés, ainsi que pour les populations qui sont forcées de les accueillir à grands renforts de discours culpabilisateurs, basés sur des mythes collectifs diviseurs, négatifs et incapacitants (la Shoah, l'Esclavage) propres à désactiver les anciens mythes fédérateurs.


Le problème n’est pas l’Islam, ni quelle conception de l'Islam - de quel droit des non-croyants iraient-ils imposer une vision particulière d'une religion à laquelle ils n'appartiennent pas ? On croit rêver - mais la mondialisation et l’hyper classe internationale qui la promeut et qui a besoin de détruire les identités culturelles et de diviser les peuples pour s’imposer. Elle a été bien aidé en cela en France par « la racaille », ce résidu du déracinement massif de populations qui fait régner la terreur en France depuis vingt ans dans un mutisme généralisé et avec une complaisance des pouvoirs publics qui ne cesse d'étonner les observateurs étrangers. Marx avait théorisé en son temps qu'il n'y a rien à attendre du lumpenprolétariat urbain, cette « canaille » dont on ne peut rien tirer et qui se fait l'allié objectif des oppresseurs des travailleurs. Un siècle et demi plus tard, l'analyse est d'une glaçante actualité.


Là encore, on ne saurait trop conjurer les français à ne pas s'engager sur la pente savonneuse vers laquelle on les pousse. Ce n'est pas parce que quelques individus au quotient intellectuel limité et dans un état de déculturation totale ont pu faire le glissement du rap à l'islamisme radical qu'il faille en tirer des conclusions sur une tendance naturelle des musulmans à la violence. Les musulmans de France sont des français comme les autres, tiraillés entre la nostalgie traditionnelle et les tentations du marché mondial, menacés d'acculturation par un phénomène totalitaire global et qui se cristallisent autour d'une identité qu'ils sentent menacés par l'intransigeance de la laïcité française, elle même motivée par le sentiment de menace pesant sur l'identité des français chrétiens. On en revient à la contradiction morbide qui enserre et étouffe tout le récit social collectif de la France de ce début de vingt-et-unième siècle.


Il est urgent de ne pas céder à l'irrationnel et d'inventer un nouveau paradigme qui fera à nouveau la fierté du peuple français dans sa globalité. Laissons le génie français s'exprimer à nouveau car nulle solution ne viendra de systèmes dépassés ! Si français chrétiens et musulmans s'entre-tuent dans dix ans, aucun des deux camps ne sera gagnant, quelle que soit l’issue des combats. Les seuls vrais vainqueurs seront ceux qui bâtiront sur les décombres et les cadavres des masses populaires la Nouvelle France©, débarrassée de son « exception culturelle » qui les dérange tant.


Il est temps de montrer à nouveau « qu'impossible n'est pas français ». Soit nous surpassons nos contradictions sur la base d'une refondation complète de nos valeurs en puisant au plus profond de notre héritage antique en assumant notre spécificité française face à la tentation mortifère de l'uniformisation par le vulgaire du mercantilisme terminal, soit nous périssons en tant que français, peuple et nation, système de valeurs, vision du monde, acceptant notre défaite collective et notre ultime soumission, la plus déshonorante de toutes.