mercredi 29 avril 2015

éléments n°155 : faut-il haïr le communautarisme ?

www.revue-elements.com
Dossier : Faut-il haïr le communautarisme ?
• Irremplaçables communautés, par Alain de Benoist
• Haro sur le communautarisme ! par Alain de Benoist
• Les communautés sont de retour, par Michel Maffesoli
• Les ambiguïtés du multiculturalisme, par Alain de Benoist

Entretien : Indo-Européens, réponse aux négationnistes, par Jean Haudry

Et aussi...
• De Stendhal à Christian Dedet, par Michel Marmin
• L’institut Iliade pour la longue mémoire européenne
• Vladimir Bonaparte Poutine, par David L’Épée
• L’homme génétiquement modifié, par Jean-François Gautier
• Russie-Ukraine : l’axe Paris-Berlin-Kiev, entretien de Jean-Robert Raviot.
• Le jour où l’on reconnaîtra l’État islamique, par Gilles Munier
• L’affaire Michel Onfray, par Pascal Eysseric
• Justice : faut-il brûler les juges de la CEDH ? par Félix Morès
• Georges J. Arnaud, le parano de génie, par Olivier Maulin
• Virginie Despentes, par François Bousquet
• Capitaine Danrit, un inédit de Jean Mabire, par Laurent Schang

Notre rubrique polar du trimestre :

http://www.gallimard.fr/Mini-Sites2/Serie-Noire-70-ans/Elsa-Marpeau.-Et-ils-oublieront-la-colere


Et ils oublieront la colère, Elsa Marpeau, Gallimard

lundi 20 avril 2015

J. Burnside : l'Eté des noyés - S. Chevalier : Clouer l'Ouest - Istin, Jigourel et Lamontagne : Les Druides, l'intégrale

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Chroniques parues dans le n°154 de la revue éléments :

www.revue-elements.com

mardi 14 avril 2015

Il n'y a pas que le polar dans la vie...

...il y a les salles de bain aussi.

Ceci n'est pas un jihadiste dans les ruines d'Alep, mais un auteur de polar surpris en train de piquer le boulot des plâtriers roumains. La honte.
Bon, ça c'était avant.

Et voilà, le vieux plâtre tombe comme à Gravelottes. C'est malin.

Puzzle de placo hydrofuge collé au MAP. Si un jour vous voulez vous débarrasser de votre belle-mère, enduisez-là de cette saloperie sans nom et foutez là au milieu de votre pelouse en disant que ça vient de la dernière FIAC.

On remarque au fond une plaque de plâtre en piteux état, seul vestige futur de l'ancien lieu.

Les primaires, autres cochonneries sans noms. En plus, ça ne ressemble à rien comme ça. Comme la salle d'eau ne fait que 172 de larrge, on y colle un receveur de 170 et hop, c'est Byzance.

Avant/après N°1

N°2

N°3  
Et un beau parquet flottant pour finir.



 Bon, je retourne à mon prochain manuscrit, dont le titre de travail est : d'Ombres et de flammes. Pour début 2016 si les Dieux le veulent.

mercredi 4 février 2015

"Charlie", ou l’oraison funèbre d’une nation agonisante

On ne compte plus les observateurs qui se sont réjouis des nombreuses manifestations populaires spontanées ayant fait suite aux attentats terroristes de la seconde semaine de janvier. « Sursaut démocratique », « électrochoc républicain », les formules chocs furent presque aussi nombreuses que les nouveaux lecteurs d’un journal satyrique que plus personne ne lisait mais que tous sont désormais prêts à défendre becs et ongles. Pourtant, le mouvement « Charlie » n’a rien d’un renouveau de la nation, et ce qu’il annonce n’a rien non plus de réjouissant.


En effet, si les émeutes de novembre 2005, objets d’une amnésie collective irresponsable et funeste, constituèrent les derniers feux d’alarme d’une France exposée au péril d’une fissuration irrémédiable, les mobilisations émotionnelles de masse auxquelles nous venons d’assister attestent de l’état névrotique dépassé de notre pays. La France souffre d’une psychose collective morbide provoquée par la contradiction fondamentale entre son héritage révolutionnaire constitutif de sa culture populaire la plus essentielle et les impératifs de la mondialisation telle qu’elle est imposée aux français depuis trente ans par leurs propres « élites ». L’incapacité des français à résoudre cette contradiction fondamentale est flagrante et présage que le pire est à venir, l’autodestruction étant une solution malheureusement trop fréquemment constatée à l’occasion de ce type de névrose, à l’image de ces homosexuels qui finissent par opter pour le suicide, non suites aux pressions ou aux violences de l’entourage, mais parce que fondamentalement inaptes à résoudre la contradiction entre une nature constatée, subie et un système de valeurs établi de façon plus précoce où l’homosexualité a été conceptualisée comme « déviante » ou « perverse ».


Le mythe français des relations sociales est basé sur un égalitarisme aux forts accents totalitaires. Au-dessus de la ligne républicaine, aucune tête ne doit dépasser. Ce mythe n’est pas anodin, il fut forgé dans le sang de dizaines de milliers de guillotinés et inculqué depuis à toutes les générations de petits français jusqu’à nos jours. Le sang qui fut versé et dans lequel ce mythe a été forgé lui donne une dimension sacrée dans l'imaginaire collectif de notre pays. Les français acceptent plus ou moins que la liberté soit à géométrie variable en fonction du portefeuille ou des opinions politiques et que la fraternité soit surtout un vœu pieux, un reliquat de vieille morale cléricale, mais on ne saurait toucher ni transiger avec l’Egalité, valeur totémique et Tabou dans la société. 
 

Le problème, c’est que cette égalité mythique et archétypale baignant l’inconscient collectif français a enfanté un moule social assimilationniste où l’individu et ses nombreuses particularités doit se fondre tout entier dans le modèle jacobin du « citoyen », où la laïcité est perçue comme une exigence de secret absolu et obligatoire sur toutes les convictions intimes. Or ce modèle n’est pas compatible avec l'imaginaire collectif du modèle économique ultralibéral qui s’est développé depuis trente ans sous le terme « mondialisation ». Cette mondialisation implique comme condition sine qua none à la mise en place d’un marché de libre-échange dérégulé la destruction de tout mythe collectif non basé sur les rapports marchands, au profit de l’expression de tous les désirs infantiles égoïstes de chaque individu, formant ainsi ce qu’on nomme la « demande », à laquelle le marché va répondre par une « offre ». 
 

Dans le système ultralibéral anglo-saxon, les rapports sociaux sont des contrats commerciaux, chaque partie ayant des obligations respectives au bon déroulement du « deal ». L’individu prôné par ce modèle sociétal n’est pas le « citoyen », mais le « consommateur ». Promu par l’hyper-classe mondialisée qui ne cesse d’augmenter ses profits grâce à ce modèle économique basée sur la guerre aux plus faibles et la déportation massive des classes laborieuses, l’Homme nouveau souhaité par le village marchand global est un être sans passé, sans racines, sans patrie, sans famille, sans genre, débarrassé de tout mythe collectif pouvant parasiter sa seule et unique fonction souhaitée : l’acte d’achat compulsif, soigneusement mis en scène par l’angoisse générée par le système de contrôle social des médias et des nouvelles technologies. Uniquement penché sur ses désirs égoïstes, plongé dans une immaturité affective et sociale prolongée, à l’écoute de ses petites particularités qu’il croit unique – alors qu’elles se répètent à l’infini dans l’univers narcissique tissé autour de lui par le Marché – le robot acheteur devient le cœur de cible idéal pour les ingénieurs marketing dont la fonction principal est de renouveler sans cesses les lubies consuméristes qui le dominent entièrement et lui font dépenser la moitié de son salaire dans des vêtements médiocres fabriqués par des enfants en Asie, ou des gadgets technologiques dénués de toute fonction, si ce n'est développer de nouvelles manies égoïstes et mercantiles.


Les êtres humains sont grégaires et l’idéal du nouveau bourgeois acculturé, nomade chic et connecté du loft de centre-ville n'étant de toutes façon pas à la portée des bourses des classes populaires, on assiste donc à un phénomène de regroupement ethnique et religieux au fur et à mesure qu’on s’éloigne des centres-villes de toutes les grandes villes du monde, ces nouveaux fiefs de l’hyper-classe 2.0 bâtis à grands renforts de spéculation immobilière. Les français de souche se réfugient dans les zones pavillonnaires périphériques qui métastasent toutes les communes à portée de carburant des zones d'emploi, emplis de la nostalgie du village de leur enfance tandis que les musulmans veulent vivre comme « au bon vieux temps du bled » avec les éléments symboliques associés : la mosquée (la sphère religieuse), les femmes voilées (la sphère des relations sociales), l’école coranique (la sphère de l’éducation et de la transmission du modèle culturel).


Ces regroupements sont tolérés parce que leur dimension culturelle n’est qu’un ersatz pathétique, bâti autour de souvenirs fantasmés du bled ou de l'école communale, et qu’ils permettent d’ouvrir de nouveaux marchés (le business du halal, du casher, du terroir, etc) et que les différentes communautés sont contrôlées par leur mise en concurrence dans leur relation commerciale avec l’Etat (les quotas ethniques dans l’administration) ou avec les collectivités territoriales (les subventions aux associations folkloriques ou culturelles).


En France, on fustige régulièrement le communautarisme mais peu de gens ont compris qu’il est consubstantiel au libéralisme. Nous nous retrouvons ainsi dans une situation inextricable et suicidaire : d’un côté tous nos dirigeants sont favorables au libéralisme anglo-saxon et nous expliquent que nous n’avons pas le choix (c'est la mondialisation ou la mort), de l’autre on cherche à maintenir un modèle assimilationniste républicain typiquement français qui est contraire à la vision du monde imposée et requise par la mondialisation. D’où l’incompréhension grandissante entre de plus en plus de pays étrangers et les français au sujet de la « laïcité » et des blasphèmes religieux que cette forme d'égalitarisme totalitaire est censée autoriser (alors que cela relève plutôt de la « liberté d'expression », définie aux USA par l'un des premiers amendements de la constitution américaine). 
 

Face à cette contradiction interne fondamentale et morbide, il y a peu d'alternatives. Soit la France assume sa nature profonde et fait son coming-out en proclamant à la face du monde qu’elle est hostile à la mondialisation et au déracinement culturel qu’elle implique, entraînant dans son sillage d'autre réfractaires potentiels, soit elle accepte d’abandonner son moule citoyen et son héritage assimilationniste séculaire en s’ouvrant au communautarisme et au consumérisme réglant les moindres aspects du pacte social.


Le premier point est impossible sans soulèvement populaire et destitution forcée du gouvernement. Notre classe politique est inféodée à la mondialisation, à son modèle de nomade futuriste et aux groupes financiers qui la soutiennent depuis plusieurs décennies. Le second point est favorisé par nos élites depuis une dizaine d’années mais le mouvement « Charlie » vient de démontrer à quel point le peuple français, lui, est viscéralement attaché à son égalitarisme mythique et imaginaire, tête de pont de valeurs révolutionnaires figées dans le sang de diverses insurrections populaires. Il y a un lien entre les français et la laïcité qui relève du romantisme, de l’idéalisme pur, de l’irrationnel, qu’il sera très difficile de briser sans graves mouvements de résistance.


C’est là où il est très dangereux de créer - de toutes pièces – un lien de causalité ou d’exclusion entre la laïcité et l’Islam de France, dans un contexte d’attachement irrationnel du peuple français de souche à des valeurs fondamentales fallacieusement présentées comme incompatibles avec l’Islam. La laïcité française est autant compatible avec l’islam qu’avec le bouddhisme ou le judaïsme. Un imam en djellaba n'est pas moins français qu'un prêtre catholique en soutane. Les musulmans français ne sont pas des ennemis de la laïcité, ils sont juste incompatibles avec l'idée romantique et idéale construite autour de celle-ci par des générations de français formatés à l'idéal jacobin qui ne conçoit pas qu'on vive sa religion au grand jour dans tous les aspects de sa vie sociale. Nous assistons depuis quelques années à une dérive particulièrement inquiétante de couverture médiatique de la position d’un parti comme le Front National, qui n’a jamais été aussi populaire dans les médias français depuis qu’il a glissé d’un discours anti-judaïque sous l’ère Jean-Marie Le Pen  à un discours anti-musulman sous l’ère Marine Le Pen.


Si les Mérah ou les Kouachi sont bien des musulmans, ce n'est pas ce qui les définit et explique leurs actes, motivés avant tout par leur rejet hyper-violent et nihiliste de la crapulerie vulgaire de la mondialisation. L’islamisme n’est qu’un symptôme d’un phénomène plus vaste, qui est celui de l'annihilation de tout récit collectif imaginaire face au rouleau compresseur du néant de la société marchande. Le wahhabisme et le salafisme sont les rejetons de la guerre culturelle et du déracinement massif résultant de l'expansion du turbo-capitalisme à travers le monde musulman. Déracinement physique pour des millions d’immigrés et déracinement culturel pour ces mêmes immigrés, ainsi que pour les populations qui sont forcées de les accueillir à grands renforts de discours culpabilisateurs, basés sur des mythes collectifs diviseurs, négatifs et incapacitants (la Shoah, l'Esclavage) propres à désactiver les anciens mythes fédérateurs.


Le problème n’est pas l’Islam, ni quelle conception de l'Islam - de quel droit des non-croyants iraient-ils imposer une vision particulière d'une religion à laquelle ils n'appartiennent pas ? On croit rêver - mais la mondialisation et l’hyper classe internationale qui la promeut et qui a besoin de détruire les identités culturelles et de diviser les peuples pour s’imposer. Elle a été bien aidé en cela en France par « la racaille », ce résidu du déracinement massif de populations qui fait régner la terreur en France depuis vingt ans dans un mutisme généralisé et avec une complaisance des pouvoirs publics qui ne cesse d'étonner les observateurs étrangers. Marx avait théorisé en son temps qu'il n'y a rien à attendre du lumpenprolétariat urbain, cette « canaille » dont on ne peut rien tirer et qui se fait l'allié objectif des oppresseurs des travailleurs. Un siècle et demi plus tard, l'analyse est d'une glaçante actualité.


Là encore, on ne saurait trop conjurer les français à ne pas s'engager sur la pente savonneuse vers laquelle on les pousse. Ce n'est pas parce que quelques individus au quotient intellectuel limité et dans un état de déculturation totale ont pu faire le glissement du rap à l'islamisme radical qu'il faille en tirer des conclusions sur une tendance naturelle des musulmans à la violence. Les musulmans de France sont des français comme les autres, tiraillés entre la nostalgie traditionnelle et les tentations du marché mondial, menacés d'acculturation par un phénomène totalitaire global et qui se cristallisent autour d'une identité qu'ils sentent menacés par l'intransigeance de la laïcité française, elle même motivée par le sentiment de menace pesant sur l'identité des français chrétiens. On en revient à la contradiction morbide qui enserre et étouffe tout le récit social collectif de la France de ce début de vingt-et-unième siècle.


Il est urgent de ne pas céder à l'irrationnel et d'inventer un nouveau paradigme qui fera à nouveau la fierté du peuple français dans sa globalité. Laissons le génie français s'exprimer à nouveau car nulle solution ne viendra de systèmes dépassés ! Si français chrétiens et musulmans s'entre-tuent dans dix ans, aucun des deux camps ne sera gagnant, quelle que soit l’issue des combats. Les seuls vrais vainqueurs seront ceux qui bâtiront sur les décombres et les cadavres des masses populaires la Nouvelle France©, débarrassée de son « exception culturelle » qui les dérange tant.


Il est temps de montrer à nouveau « qu'impossible n'est pas français ». Soit nous surpassons nos contradictions sur la base d'une refondation complète de nos valeurs en puisant au plus profond de notre héritage antique en assumant notre spécificité française face à la tentation mortifère de l'uniformisation par le vulgaire du mercantilisme terminal, soit nous périssons en tant que français, peuple et nation, système de valeurs, vision du monde, acceptant notre défaite collective et notre ultime soumission, la plus déshonorante de toutes. 






jeudi 29 janvier 2015

Fabien Clavel - Furor - Le Châtiment des flèches

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Chronique parue dans le n°153 de la revue "éléments" :

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